Glenn Gould, tout de même

Dans un post récent, je vous suggérai chers lecteurs, amis mélomanes, de laisser les morts reposer en leur demeure et de leur préférer nos interprètes bien vivants. Ne serait-ce que pour respecter le fait qu’ils ont, eux aussi, et contrairement aux morts, tout géniaux par ailleurs soient-ils, des factures à honorer, des enfants à élever ou des maîtresses à entretenir. C’était jusqu’à ce que par acquis de conscience je me décide à réécouter les concertos pour piano de Bach par Glenn Gould. Que n’avais-je pas fait? Un long cycle de toxicomanie s’est sur l’instant vu réenclenché. Il ne faut jamais se risquer à humer une volute de cigarette quand on s’est fermement décidé à arrêter de fumer. Surtout lorsque le talent de l’interprète est aussi pernicieux qu’une cocaïne.

Voici donc, en écho au glorieux concerto en ré majeur magnifiquement interprété par Séverin Von Eckardstein, ce très sérieux et très dévoué pianiste, le ré mineur, par Glenn Gould. D’abord un extrait édifiant où vous pourrez apprécier l’impact de l’exactitude rythmique la plus rigoureuse sur la production efficace d’une tension dramatique. Vous noterez également l’insistance passionnée sur certaines basses stratégiques, au point qu’on se demande s’il ne se retiendrait pas de les frapper au poing (Version Bernstein – Gould).

In a recent post, I suggested you dear readers, friends, music lovers, let the dead rest in their homes and keep your preference for our living fellow musicians. Even if only to the extent that they do, contrary to the dead, have to pay their bills, raise their children etc. That was until I decided to listen again to the Bach piano concertos by Glenn Gould. The moment I did this, I had to say to myself: « What have I done? ». A long cycle of drug addiction had been reset. Never dare to breathe the smoke of a cigarette when you have decided to quit smoking. Especially when the talent of the performer is as pernicious as cocaine.

So here is the D minor concerto, echoing the glorious concerto in D major beautifully performed by Severin von Eckardstein, that very serious and dedicated pianist. First an excerpt where you will enjoy and measure the impact of the most rigorous rhythmic accuracy on the efficient production of dramatic tension. You will also note the passionate  insistence on some strategic basses, to the point that one wonders if Gould did not restrain himself from playing with his fist  (Bernstein – Gould version). Then the entire first movement and finally Maria Yudina, who plays a very intense version of the Andante.

Une version très intense de l’Andante, par la très grande Maria Yudina (un post sera bientôt dédié à ce trésor du piano russe hélas trop méconnu en « occident » )

Et comme certains d’entre vous ne sauront résister au plaisir… voici la partition.

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